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16/12/2003 -
Exportez en Roumanie. 2) Le commerceAutreRéédition : (2ème des 4 articles à paraître en 4 jours) Votre guide vous fera certainement débuter par les 47 500 M² du Bucarest Mall, un centre commercial financé par des capitaux turcs. Ses 4 niveaux sont organisés autour d'une place centrale surmontée d'un dôme de verre.
Il est inondé de lumière et d'un standing très agréable. Le 4ème niveau accueille un multiplex de 10 salles et 2500 places et un "Food court" qui ne désemplit pas le soir et le week-end. Le niveau - 1 avec un supermarché de 4 800 M2 fait la liaison entre le parking et les deux niveaux intermédiaires dévolus à l'équipement de la personne et aux produits les plus modernes de la téléphonie, du home cinéma, etc…. La fréquentation est bonne mais une partie des visiteurs ne vient que pour lécher les vitrines occidentales. Les enseignes internationales ont parfois pris position dès l'ouverture dans le but d'investir pour leur image dans le pays et pour promouvoir leurs ventes dans les circuits traditionnels. Elles constatent l'évolution positive des ventes dans le centre.
Ironie du sort, ce temple de la consommation occidentale est une reconversion d'un des "Cirques de la faim" bâtis par Ceaucescu. Ainsi sont surnommées ces cuisines centrales que le tyran avait érigées pour nourrir jusque 20 000 habitants entassés dans les "blocs" de béton qui feraient passer Sarcelles pour une cité paradisiaque et qu'il faisait construire autour de ces cuisines centrales en lieu et place de l'habitat existant. Cauchemar collectiviste tellement irréel et caricatural que l'on se croirait dans une bande dessinée de politique fiction !
Votre seconde visite commerciale est Unirea, l'ancien grand magasin communiste de la Piata Unirii transformé en centre commercial. Enorme, il a bénéficié d'un investissement de 16,5 millions de dollars pour le réaménager. Certes, c'est encore insuffisant pour le mettre au niveau esthétique que nous connaissons dans l'Union Européenne. L'utilisation des surfaces n'est pas optimale car il fallait réduire le coût des travaux. Stands ouverts et boutiques fermées alternent. Seraient prévus, un multiplex de 16 salles et un parking de 1000 places sur 5 niveaux.
Les 83 971 M² de plancher (avec le parking, je suppose) sont organisés en 6 thèmes prioritaires, un par niveau, selon la structure classique des grands magasins. Au sous-sol, un supermarché à l'enseigne "La Fourmi", au RC, les produits de Beauté, les cadeaux et services, au 1er, la mode femme, au 2ème, la mode homme, au 3ème l'électroménager et l'électronique, et au 4ème la décoration de la maison, ces deux derniers niveaux paraissant encore bien tristes pour l'instant car les travaux n'y sont pas finis.
A côté des enseignes locales, on y trouve déjà quelques enseignes mondiales ou européennes comme Nike (aussi cher qu'à Madrid ou Paris semble-t'il), Kodak, Sony Center, Panasonic, Puma, Motor, House of Art…. Le centre enregistre 30 000 visiteurs par jour et 90 % des surfaces louées dans les étages rénovés.
A l'époque communiste, toute proche puisque finissant par la révolution contre Ceaucescu en 1989, le commerce se faisait dans des milliers de kiosques parsemant les trottoirs et les places de la ville. Avant votre départ en juin 2002, votre surf sur Internet vous a appris que la municipalité avait réduit de moitié leur nombre. Vous demandez donc à voir les rues commerçantes et vous avez beau chercher, vous ne voyez plus guère de kiosques dans le centre ville même si les chiffres estimaient le nombre de kiosques à 30 000 dans le pays pour 7 à 10 % de part de marché.
Ainsi, ce que l'on vous a dit sur la rapidité de l'évolution est exact malgré les difficultés économiques réelles de la sortie du communisme. Il n'existe pas de rues commerçantes piétonnes mais quelques rues du centre ville cristallisent l'apparition d'un commerce moderne autour des nombreux hôtels 4 étoiles et mélangent des magasins anciens et austères avec d'autres, modernes et agréables, comme Naf Naf ou Lacoste. Vous êtes surpris aussi de voir un grand nombre de belles parfumeries et un magnifique magasin Loréal saisissant dans le contexte.
Bien entendu, il reste beaucoup à faire mais la modernisation du commerce est en marche. Cette idée est renforcée par le nombre important de Fast Food comme Mac Donald's dont les menus sont à plus ou moins 2 euros (4 euros à Athènes, 5 à Madrid et plus de 5 en France) ou comme Pizza Hut dont les pizza de base sont proches de 2 euros.
Dans l'équipement de la personne, à côté de quelques enseignes succursalistes locales de bon niveau, vous trouverez aussi plusieurs pionniers de l'Union Européenne dont quelques magasins pour enfants à l'enseigne Z et observerez que, les écarts de prix des vêtements sont plus faibles entre la Roumanie et la France, une bonne partie des produits vendus en France venant de toutes façons des pays à bas salaires dont la Roumanie.
Vous achèverez votre découverte du commerce local par la périphérie. Visitez un marché couvert populaire comme celui qui est proche des résidences universitaires et vous faites un bond dans le passé en constatant qu'on y vend les légumes mais aussi de l'outillage, des cosmétiques. Entrez dans le tout nouvel hypermarché Carrefour et vous revoilà presque en France. Même si les moyennes et grandes surfaces sont encore peu nombreuses, plusieurs enseignes de supermarché sont présentes comme Penny Market, l'Allemand Billa, le Suisse Angst, le Turc Gima, le Libanais La Fourmi, etc… Il y aurait au total plus de 1500 supérettes et supermarchés de une à quatre caisses.
Terminez par les Cash and Carry (Métro et ses 8 magasins, Selgro, Gamma…) qui fleurissent; magasins de gros ouverts ou facilement accessibles aux particuliers, ils achèvent de vous donner la juste vision d'un pays qui a encore un pied dans le commerce de nécessité mais qui avance vers la société de consommation même si cela se passe au prix d'un accroissement des écarts entre les classes sociales entrepreneuriales et les salariés.
Il semble qu'il ne faille pas négliger l'importance de la motivation consistant à montrer qu'on a les moyens d'acheter dans les magasins de luxe.
80 à 90 % du commerce est encore le fait du petit commerce mais celui-ci cèdera rapidement des parts de marché aux succursalistes et franchiseurs.
La consommation des ménages a cru de 6,8 % en 2001 et devrait renouveler cette performance.
Informations au 03 20 45 82 82