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Les obstacles à la franchise au Maroc :
La franchise est le mode de distribution le plus convoité par les entrepreneurs marocains. En effet, elle présente de nombreux avantages contractuels pour les franchisés.
Cependant de nombreux obstacles viennent freiner l’essor des réseaux de franchise au Maroc. Les franchisés rencontrent souvent beaucoup de difficultés pour trouver un local commercial adapté à leur future activité. Le financement constitue également un sérieux handicap pour les investisseurs en raison de l’importance des garanties exigées par les banques. De plus, l’apport personnel minimum, le droit d’entrée ou encore les royalties demandés par les enseignes étrangères s’avèrent souvent inadaptés aux moyens des entrepreneurs marocains. Leurs exigences s’avèrent ainsi trop élevées pour les candidats marocains à la franchise. En outre, la franchise, malgré son succès, reste un mode de distribution encore méconnu par de nombreux entrepreneurs marocains.
Les obstacles financiers :
Le constat est simple : le droit d’entrée et les royalties exigés par les enseignes, en particulier étrangères sont trop élevés par rapport aux fonds disponibles dont disposent les candidats marocains. Calqués sur ceux demandés en Europe, ils ne prennent pas en compte les différences de revenus entre le Maroc et les pays européens. Le franchisé marocain n’a pas la possibilité de financer le droit d’entrée par un emprunt bancaire, il doit donc disposer préalablement de cette somme. Cela s’avère difficile compte tenu de la faiblesse relative des revenus marocains, et de l’épargne dans la même mesure.
Les candidats se plaignent également de la frilosité des banques pour les aider à financer leur projet. De nombreuses banques méconnaissent le système de la franchise du fait du manque de promotion de la franchise. Quand les établissements bancaires acceptent, ils demandent des garanties importantes auxquelles le candidat ne peut pas toujours faire face.
La frilosité des banques s'explique selon elles par différentes raisons :
- L’adhésion à un réseau de franchise ne constitue en aucun cas une garantie de remboursement du prêt pour la banque,
- Le franchiseur peut à tout moment décider de résilier le contrat le liant au franchisé, le démunissant ainsi de son enseigne. Ce dernier aura donc beaucoup de difficultés à rembourser son emprunt bancaire.
Le déficit en infrastructures commerciales :
Mal organisés et non adaptés à l’implantation de « boutiques modernes », les centres-villes marocains ont du mal à attirer les franchiseurs étrangers qui ont généralement des exigences spécifiques en terme d’emplacement et d’achalandage. La faible maîtrise de l’urbanisation et la faible qualité architecturale sont également des freins à l’installation de franchises dans certaines villes marocaines. Les locaux commerciaux se font rares et donc coûteux, sans compter le coût des travaux d’aménagement et de décoration nécessaires pour répondre au cahier des charges du franchiseur.
De plus, le Maroc souffre également d’une pénurie de centres commerciaux qui sont justement des emplacements très recherchés par les franchiseurs. Les politiques d’aménagement du territoire ne prennent pas en compte les besoins du secteur du commerce en terme d’emplacements et de locaux commerciaux : il existe peu de zones commerciales et donc peu d’endroits où s’implanter.
Pour désenclaver la situation, de nombreux acteurs ont réagi notamment l’ONCF (Office Nationale des Chemins de Fer). Cette entreprise publique prévoit la construction de locaux commerciaux dans ses propres projets de gare. Par ailleurs, la société Marjane Holding (grande distribution) propose un loyer mensuel de 45 MAD/m² dans certains de ses centres commerciaux. De nombreux projets d’immobilier commercial sont actuellement en construction dans les grandes villes marocaines.
Les blocages sociaux :
Malgré l’émergence d’une classe moyenne et la hausse du pouvoir d’achat, de nombreuses inégalités persistent et un grand nombre de marocains souffrent de paupérisation. Beaucoup ne peuvent pas s’offrir les produits proposés par les enseignes étrangères compte tenu des revenus dont ils disposent. Au Maroc, le salaire minimum officiel est de 168 euros soit environ 1850 MAD, mais en réalité de nombreux travailleurs touchent beaucoup moins en travaillant au noir (économie informelle). De tels salaires ne leur permettent pas d’accéder aux produits vendus par des enseignes européennes ou américaines voire marocaines.
Par ailleurs, pour des raisons financières mais aussi culturelles, beaucoup de personnes continuent donc de fréquenter les traditionnelles boutiques de la médina (« vieille-ville »), contribuant ainsi à l’existence d’une économie duale.
Les obstacles juridiques et le manque d'information :
A ce jour, il n’existe pas de loi spécifique sur la franchise au Maroc, ni même de jurisprudence bien établie. En France, la loi Doubin encadre la franchise, au même titre que la loi Full Disclosure Law aux Etats-Unis. Ces textes législatifs permettent de limiter les franchiseurs proposant des concepts peu fiables et ne respectant pas les codes de déontologie. La franchise au Maroc est actuellement régie par le code civil marocain appelé le dahir formant le code des obligations et des contrats et plus particulièrement par l’article 230 du droit des obligations contractuelles. Même si elle permet aux réseaux de bénéficier d’un environnement juridique souple, l’absence d’une loi spécifique peut s’avérer incertaine pour franchiseurs et franchisés. En effet, face à l’incertitude, les acteurs ont besoin de repères institutionnels. Il existe cependant un code déontologique élaboré par la Fédération Marocaine de la Franchise. Ce texte constitue un cadre de références pour franchiseurs et franchisés.
Par ailleurs, au Maroc, le manque d’information et de promotion de la franchise constitue un handicap majeur. Les candidats mal informés sur le système de la franchise, ne perçoivent pas les enjeux de ce mode de distribution. De plus, ils n’ont pas conscience de l’importance du respect du concept développé par le franchiseur (motif de rupture d’un contrat).
Extrait du mémoire de master 1 d'Anne Ryslène Zaoual pour AC Franchise
Enseignes qui recrutent