Actualités des affairesUne coopérative fonctionne un peu comme une franchise, la démocratie en plus. Ces enseignes permettent en effet à un créateur de profiter des avantages d'un réseau national tout en ayant un droit de regard sur son fonctionnement.
C'est l'indépendance à plusieurs en quelque sorte, puisque le commerçant mène sa barque seul en ce qui concerne son magasin, mais s'appuie sur la force du réseau. La Fédération Française du Commerce Associé regroupe 55 réseaux et pèse lourd dans l'économie : à eux seuls, ils emploient près de 400 000 salariés et ont réalisé 99 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2004. Soit plus du double de la franchise qui représente 42 milliards d'euros. Beaucoup moins nombreuses que les enseignes en franchise, les coopératives sont en effet, pour la plupart, plus grosses, plus anciennes et aussi plus stables. Le recrutement est davantage ciblé, il s'agit de gestionnaires confirmés.
On adhère en achetant une part du capital social de la coopérative. Chaque adhérent, quelle que soit l'importance de son entreprise, grande surface de 2 000 m2 ou bouclard de 60 m2, dispose d'une voix pour élire le conseil d'administration au cours de l'assemblée générale annuelle. On peut, en principe, quitter librement la coopérative chaque année en vendant sa part de capital. Les cotisations des adhérents financent une structure administrative plus ou moins étoffée et des prestations qui varient d'un réseau à l'autre. Les coopératives offrent des services comparables à ceux des franchises : centrales d'achats et/ou de référencement, assistance, gestion informatisée et centralisée des stocks, élaboration de nouveaux produits et publicité pour imposer une image de marque nationale.
C'est cette démocratie et cette possibilité pour chaque membre du réseau de défendre son point de vue qui constituent le socle de la culture des coopératives. Beaucoup de commerçants y sont très attachés. Les coopérateurs insistent aussi sur le fait que leur coopérative leur coûte moins cher qu'une franchise. Si l'on compare avec les royalties qui dépassent parfois 5 % du chiffre d'affaires chez certains franchiseurs, le choix est vite fait. Encore faut-il comparer ce qui est comparable et prendre en compte la transmission d'un savoir-faire qui, du moins en principe, joue un rôle plus important dans la franchise. Les coopératives seraient-elles donc le meilleur des mondes du commerce organisé ? Il est incontestable que les échecs des coopératives sont plus rares, et les scandales se comptent sur les doigts de la main. Pourtant, les coopératives tendent à devenir de grosses machines dirigées par des permanents, qui échappent en partie au contrôle de leurs adhérents.
Leur souplesse a fait quelquefois leur faiblesse : certains adhérents en profitaient pour changer de réseau, en choisissant le plus offrant. Pour faire face aux risques d'hémorragie, certaines coopératives font désormais signer des contrats d'enseigne qui ressemblent étrangement à des contrats de franchise. Les coopératives s'adressent aux commerçants déjà installés mais aussi aux créateurs à qui sont proposées en effet des formules de commerce testées. Mais ces concepts ne sont pas nés dans la tête de quelques dirigeants, ils ont été élaborés sous le contrôle des adhérents des coopératives, avec leur participation.
Dominique Deslandes
Enseignes qui recrutent